André Buet

Né à Grenoble - les BUET habitaient Bois d’Arcy en 1560, puis la Perrière, puis Brosses, et Montillot vers 1850.
Etudes supérieures à Paris. Diplômé “ingénieur civil de l’Aéronautique”, a été employé de 1950 à 1990 à l’usine de Cannes de la Société Aérospatiale.
André Buet

Joseph Anne Georges de LENFERNA, nommé Maire de Montillot en avril 1816 par le nouveau Préfet, – à la suite de Claude BERSON -, tenait un journal de ses activités de magistrat municipal.

Il notait tous les échanges de lettres, – relevant l’essentiel de leur contenu – , l’arrivée des journaux, des bulletins administratifs et des circulaires officielles, les décisions prises par lui-même ou par son Conseil Municipal, les commandes de papeterie, les certificats, passeports et attestations délivrés sous sa signature, les travaux d’intérêt communal et leur financement, les faits divers survenus au village…

 

Ce registre de 85 feuilles 21,5cm x 33cm, dont 136 pages écrites (de 30 à 40 lignes très lisibles) est parvenu jusqu’à nous grâce aux excellentes conditions de conservation des archives des familles nobles de Montillot assurées par les propriétaires successifs du « château ».

 

Nous intéressant à la vie de notre village, mettons en évidence :

– l’essentiel des mécanismes et méthodes de l’administration communale de cette époque.

– le style des relations entre le maire et ses administrés

– tout ce qui peut éclairer les conditions de vie des habitants

Tout en respectant l’ordre chronologique du journal, nous n’avons retenu que les faits ou actions qui nous paraissent caractéristiques, en évitant le plus possible les répétitions.

 

administration communale

– Notons d’abord que le Maire, dès cette époque, était très occupé par ses fonctions.

– De plus il était maintenu sous une tutelle étroite et pointilleuse par le sous-Préfet d’Avallon et le percepteur. Un grand nombre de lignes de ce registre sont occupées par la transcription des courriers échangés avec ces administrations . Les facturations de dépenses et les affectations comptables sont très fréquemment contestées et le maire doit présenter, souvent plusieurs fois, des justifications détaillées.

Il en résulte que le règlement des travaux communaux est tardif, et que, en général, le Maire paye les manoeuvres en  » bons de pain » chez le boulanger Antoine GUTTIN,  lequel sera remboursé … plus tard; dans certains cas ce même boulanger fait lui-même l’avance en espèces !

– Les décisions relatives aux achats et ventes importantes (immobilier, coupes de bois des forêts communales,…) supposent l’accord préalable du Sous-Préfet, du Préfet puis …du Ministre des Finances ! Un « homme de loi » siégeant à Paris est donc chargé de suivre les dossiers de la commune au Ministère.

– Acheminement du courrier local : les lettres au percepteur (Asquins) et au Sous-Préfet (Avallon) sont portées par le « piéton« ; on constate que les réponses sont très rapides (souvent du jour au lendemain).

– Quelques notes sur les visas de certains documents et la venue de fonctionnaires en mission nous montrent qu’était en cours l’élaboration du « cadastre parcellaire » , ordonnée par une loi de NAPOLEON Ier datant du 15 Septembre 1807. Ce travail, commencé sous l’Empire, n’était pas terminé (9000 communes seulement étaient cadastrées en 1814, d’après « l’Histoire des Institutions politiques de la France » en Mémento Dalloz). C’est de cette époque que date l’ancien cadastre, encore consultable à la Mairie de Montillot.

Conditions de vie

En 1818, il y a à Montillot 880 habitants et 221  » feux ».

On a l’impression très nette qu’une partie de la population est indigente, … et même miséreuse.

Premier indice: un certain nombre d’habitants ne sont même pas capables de payer la part de « vieilles écorces » à laquelle ils ont droit en fin de coupe des bois communaux.

Autre indice : les aides directes et individuelles de la Municipalité à des « indigents ».

Quelles étaient les ressources des habitants?

Les plus favorisés étaient bien sûr les commerçants , artisans et membres de professions libérales; ce sont eux que l’on trouve dans le Conseil Municipal, comme étant choisis parmi « les plus imposés ». (les données globales sur les revenus et les impôts fonciers, qui apparaissent sur le « rôle des Contributions » de 1818, ne suffisent pas pour avoir une idée de la disparité des revenus, et, encore moins, de ce dont  les gens disposaient réellement pour vivre).

Ensuite viennent les fonctionnaires, ou « assimilés », qui émargent au budget communal:

– le garde-champêtre touche 190 F par an et le garde-forestier 160 F.

– le prêtre desservant 300 francs

– l’instituteur reçoit 2F par jour les mois d’école (c’est à dire l’hiver) pour 40 à 50 élèves…

Les salaires des manoeuvres apparaissent aussi dans les relevés des dépenses relatives aux travaux communaux; ils varient de 30 centimes à 1 franc par jour, probablement en fonction du travail demandé … et de l’éxécutant. Mais il s’agit d’emplois à la journée, donc irréguliers et aléatoires.

Notre seule référence pour estimer le coût de la vie est le prix du pain, soit 30 à 40 centimes le kg, et celui du vin courant, soit 75 c la bouteille.

 

Il n’est donc pas surprenant que les familles cherchent à compléter leurs ressources,

– soit en prenant des enfants en nourrice

– soit en » migrant » vers la  région parisienne pour y travailler temporairement.

Accueil d’enfants

quelques nourrissons sont des enfants de commerçants ou de « bourgeois » des villes (Auxerre ou Paris); mais la plupart sont des « enfants trouvés » de l’Hospice de la Maternité de Paris.

Munies d’un « certificat d’allaitement« , établi par le Maire sur le témoignage de deux voisins (de sexe masculin, code Napoléon oblige ! …), les femmes vont elles-mêmes chercher les bébés, accompagnées et guidées dans la capitale par un responsable, qu’on appelait « meneur« , ou « sous-meneur« .

Nous ne connaissons pas le nombre de nourrissons présents  simultanément dans le village.

Nous notons seulement le voyage à Paris de 6 nourrices d’octobre à décembre 1817. D’après le registre d’Etat civil, les âges de leurs propres enfants s’échelonnaient alors de 9 à 28 mois.

On peut s’étonner qu’aucun passeport de nourrice n’ait été accordé par le maire en 1818. Une raison est fort vraisemblable.

Cette période  fut très néfaste pour les jeunes enfants :  en 1817, 1818 et 1819, 101 enfants de moins de 15 ans (pour 42 adultes) sont décédés; 48 d’entre eux étaient des enfants nés à Montillot, 53 étaient en nourrice…

Le début de 1818 fut particulièrement désastreux : 8 décès d’enfants en janvier, 5 en février, 8 en mars et 5 en avril …Les rares indications des registres d’état civil font deviner une épidémie de variole , dite « petite vérole pourpreuse »; pour les « enfants de l’Hospice », apparaît plusieurs fois la mention « quoique vacciné ». Rappelons que JENNER inventa son vaccin en 1796; les vaccinations commençaient à se répandre, mais dans quelles conditions étaient-elles effectuées ?

En tout cas , il est probable que le « Bureau des nourrices » de Paris ait cessé d’envoyer des enfants à Montillot pendant la durée de l’épidémie. Il est surprenant que l’on ne trouve aucun commentaire du Maire à ce sujet , pas plus que sur le taux anormal de mortalité (12 décès en janvier, dont 3 enfants le 20 de ce mois..)..

Quel était le rapport pour les familles ?

Nous avons une seule indication, qui concerne l’enfant d’un typographe parisien : la petite Thérèse Constance B…, est morte à Montillot en période d’épidémie, le 30 Mars 1818 , à 8 mois ; en décembre suivant le Maire relançait le Bureau des Nourrices pour le versement de l’indemnité due à la famille d’accueil, à savoir 73 F 10c, « voyage compris ». On pourrait donc évaluer le « rapport » à 10 francs par mois environ (?). 

Migrations saisonnières

Il est surprenant de trouver dans cette période une nette disproportion entre hommes et femmes quittant le village : 36 femmes en avril et mai 1818, à côté de 3 hommes seulement en un an …

Une grande partie d’entre elles vont chez des vignerons de la région parisienne; à cette époque de l’année, il s’agit de culture, et non de vendange. On ne connaît pas la durée du séjour.

Quelques unes vont chez des commerçants, boulangers et cabaretiers.

Souvent deux soeurs, célibataires, partent ensemble, au même endroit; mais il y a aussi des femmes mariées, avec leurs jeunes enfants.

De toute façon, le passeport n’est délivré que si l’emploi est assuré à l’arrivée, sur l’attestation de deux témoins (…   contribution intéressante au traitement des problèmes d’immigration !…)

Relations avec l’administration

Les pauvres du village ont souvent des difficultés à payer leurs impôts.

Le maire, qui compte sur ces rentrées d’argent pour assurer la gestion de la commune, attire l’attention du percepteur sur les retardataires. Ce fonctionnaire dispose de plusieurs moyens pour « forcer » les règlements :

– intervention directe d’émissaires, les « porteurs de contraintes » et les « garnisaires« ; ces derniers seraient d’anciens soldats, en « garnison » à Montillot. Quelles sont leurs méthodes ? – Nous ne le savons pas …Probablement quelque peu « musclées », puisqu’il est arrivé que le Maire écrive au Préfet pour que cessent les « vexations employées envers les porteurs de quittances non acquittées ».

– saisie des biens,  puis des « corps » par la gendarmerie.

On note plusieurs fois le souci du maire d’éviter des erreurs dans le calcul des impositions.

Pour les plus pauvres, il existe un système  » d’aide sociale » .

Dans les cas graves, le maire distribue directement des « bons de dix livres de  pain blanc » à utiliser chez le boulanger du village.

 A l’occasion de fêtes ou célébrations officielles, le Préfet de l’Yonne débloque une somme , partagée entre les villages par le sous-Préfet, à l’intention des pauvres.

En 1818, il s’agissait de 152 F 75c pour Montillot; une petite partie a été distribuée en pain; le reste a fait l’objet d' »ateliers de charité » : pour recevoir une aide financière, les particuliers concernés (63 cette année là, payés de 30 c à 1 Franc la journée) doivent d’abord  exécuter des travaux sur les chemins vicinaux (n’est-ce pasune idée à creuser?..).

Il faut rappeler un fléau auquel sont confrontés les villageois de cette époque : les loups, particulièrement agressifs dans les hameaux isolés au milieu des bois

 Le journal de Mr de LENFERNA commence en octobre 1817. C’est pourquoi on n’y parle pas du drame dont on trouve le récit laconique dans un acte d’état civil : » le 25 Janvier 1817 …, au hameau de la Bertellerie, Jacques BRISEDOUX âgé de 6 ans, a été dévoré par un loup sans que l’on n’aye pu trouver autre chose que les vêtements ensanglantés ».

On peut être étonné de constater une certaine inertie des pouvoirs publics devant ce problème.

Le cérémonial d’empoisonnement touche au ridicule …Les demandes réitérées des paysans pour être autorisés  à porter des fusils quand ils traversent les bois, ou à organiser des battues, restent sans réponse… Et pourtant, il n’y avait pas de mouvement écologiste assurant la défense des loups !

Journal de 1817

Octobre :

Le 2, le pain blanc est taxé à 42 c 1/2 le Kg; le pain bis à 37 c 1/2.

Le 5 et le 8, ont été délivrés à plusieurs femmes des certificats d’allaitement leur permettant d’aller chercher un nourrisson à l’Hospice des Enfants trouvés de PARIS : Anne FILLON, femme d’Edme JOJOT, manoeuvre au Vaudonjon; Edmée SONNOIS, femme d’Edme GARNIER, à la Charbonnière; Bonne MAZILIER, femme de Claude DEFERT, manoeuvre à Montillot; Anne BUREAU, femme de Pierre ARNOUX, laboureur à la Bertellerie.

Le 12, reçu de la mairie du 8ème Arrondissement de PARIS, 14 Place Royale, l’acte de décès d’Edme VENTENET, du Vaudonjon. Ecrit au juge de paix de Vézelay pour l’aviser de ce décès. Envoyé 2F25 au maire du 8ème, avec une lettre portée par Jean BOUSSARD, sous-meneur.

« Mis le ban des vendanges au seize du présent mois ».

Reçu une lettre de Mr VASSAL, juge de paix du canton de Vézelay, réclamant au nom du Sieur GILET, menuisier à Vézelay, la somme de 173 F. pour « ouvrages faits par lui pour la commune ». Répondu avec justifications détaillées que la commune n’a pas de fonds disponibles pour l’instant et que la facture doit être ramenée à 153 F.

Le 16, reçu 2 lettres du Sous-préfet, l’une relative au Service pour la Reine de France (transmise à Me CALMUS, vicaire de Vézelay desservant Montillot), l’autre relative à l’empoisonnement des loups.

Le 17, délivré à Lazare LEMOUX aîné, tisserand à Montillot, – sur l’attestation des Sieurs Antoine GUTTIN, boulanger et CARILLON Edme, tisserand,  » un passeport pour aller à Bourges y travailler de son état ».

Le 22, envoyé à Mr CHAPOTOT, percepteur à Asquins, le « rôle unique des portes et fenêtres pour 1818″.

Le 24-10, écrit à M. le Sous-Préfet d’Avallon pour avoir 4 paquets de poison pour les loups.

Adressé à M. le Procureur du Roi une plainte portée par Nicole G. à Tameron, contre Edme C. pour avoir battu Louise Henriette F., fille de l’Hospice de Paris, âgée de 8 ans , confiée à la plaignante. Le maire a demandé de « faire désarmer cet homme à domicile ».

Le 25-10, reçu 4 paquets de poison.

Le 27-10, M.BERNARDIN, chirurgien à Vézelay, est venu à Montillot pour empoisonner des moutons qui serviront d’appâts pour les loups. Deux jours plus tard, ces bêtes empoisonnées, portées sur une civière, sont placées par M.MAUPIN, garde-forestier, accompagné de Claude GIRARD et Edme SONNOIS, « avec chaquin une pioche », « dans les endroits à ce désignés ».

Novembre.

Le 1er novembre, « amodié ( = loué) par MM les membres du Conseil municipal la maison de M.RABIER (le futur presbytère), moyennant 96 F. par an, « à commencer au 15 de ce mois et ce pour trois années consécutives » .

Le « Deux du mois de Novembre », « à l’issue de la messe paroissiale, heures de onze du matin », il est procédé « à l’entreprise définitive » de la Coupe des Cantons Triages des Pommerats pour la présente année, aux clauses et conditions suivantes » :

« – de faire enregistrer le présent acte à ses frais et de payer le timbre et l’enregistrement

« – de couper sous souche et le plus près de terre possible

« – de ne couper aucuns baliveaux ny vieille écorce portant le marteau de l’Inspection à peine d’être responsable des pièces qui auraient été coupées ainsi

« – ne pourra sous aucun prétexte emporter du bois ny copeaux, pas même du bois sec

« – fera touts les fagots tant des vieilles écorces que du taillis

« – coupera les vieilles écorces, les ébauchera, fera la Moulée qu’il y aura à y faire, ramassera les coupeaux d’entailles à chaque tas de dizaines. Quand au bois taillis il l’ébranchera proprement et le mettra en landées les plus droites possibles, et par tas de cantons d’après le nombre qui lui en sera fixé et le plus également possible ».

« – l’adjudicataire aura Dix francs pour vins de l’entreprise en sus du prix principal. »

Les « mises » ont été de 160 francs par Edme DEFERT, maréchal; de 140 F. par Claude PORCHERON; de 120 F. par Claude FORGEOT, bûcheron à Montillot.

L’entreprise a été « adjugée au dit FORGEOT ».

Le 3-11, « délivré aux Srs Rance, Edme Drhouin et Jean Baptiste Dediot, garnisaires en exercice dans la commune de Montillot un certificat de bonne conduite ».

Le 4-11, adressé à M.CHAPOTOT, percepteur, le budget de Montillot pour 1817, arrêté par M. le Préfet le 14-10-1816, pour qu’il en prenne copie; recettes = 1654 F 32c ; dépenses = 1521 F 40c.

Adressé à M.RAGON, receveur de l’enregistrement à Vézelay, « l’état des décès du trimestre de juillet 1817″.

« Ecrit à Mr le Sous-préfet pour lui donner cognoissance du résultat de l’empoisonnement des loups dans cette commune. Je lui marque que j’ai acheté de mauvais moutons pour cinq francs, que j’ai fait placer le poison conformément à son instruction en date du 15 Octobre dernier, que les appas ont été entièrement mangés excepté un qui n’a pas été touché et que j’ai fait encrotter aujourd’huy. Il y a eu trois renards de trouvés mais point de loups. »

Le 5 novembre est transcrit dans le registre le texte du bail de location de la maison RABIER; il s’agit de :

– une maison située à Montillot, consistant en chambre, cuisine, cabinets, office, grenier, cave, jardins et vergers entourée de murs; derrière ladite maison, lieux d’aisance, puits commun avec le fermier; le colombier, à la charge de nourrir les pigeons pendant l’hiver et d’en laisser en quantité suffisante à l’expiration des trois années; l’écurie et vinée du bâtiment neuf; la grange dite du lieu; le poulailler et le toit à porcs, qui sont situés sous le colombier…

… »sans néanmoins que moi Delenfernat puisse rien prétendre sur la partie habitée par le fermier de M.Rabier, et sans pouvoir nuire aux droits qui font partie de son bail ».

Une promesse de vente ayant été faite à la commune, le bail sera nul et non avenu dans le cas où l’autorisation d’achat aurait été obtenue avant le 25 Mars prochain.

Le 7, « compte arrêté avec PATTAUT Joseph, dit Bataillon, thuilier à Asquins, appert qu’il a fourni pour la commune de Montillot de la chaux et du careau,…pour la somme de 80 F, portée au budget de 1817 pour réparation de l’église et du cimetière. »

Le 8, reçu par le piéton le N°13 du Bulletin administratif de l’Yonne et le N°124 du Journal d’Avallon.

« Délivré à GUILLOUX Marie, femme BRISDOUX Jean, manoeuvre, un certificat pour reconduire un enfant de Paris qu’elle avait en nourrice à un jardinier de Choisy le Roi ». Remis à cette même Marie GUILLOUX une lettre à Me GAIGNOT, avocat à Paris, – sur un problème de non paiement d’arriéré de solde à des militaires -, lettre qu’elle « mettra à Paris à la petite poste« .

Le 16, lettre au sous-préfet signalant « une infinité d’erreurs et de double emploi » sur le compte communal établi par M.THIONVILLE, « afin d’empêcher que de malheureux habitants, qui ont déjà assez de peine de payer une fois, ne payent deux fois la même somme ».

« Reçu le N° 14 du Bulletin administratif de l’Yonne concernant en entier une instruction pour conserver les pommes de terre ».

Le 17, « écrit à M.BEURET, Garde Général des Amendes à Avallon, pour le prier de donner d’icy à Paques à Guillaume B…, des Hérodats attendu qu’il est dans la plus affreuse misère, qu’il ne peut pas vivre avec sa malheureuse famille n ayant ny pain ny argent ny ouvrage ».

Le 24, « délivré à Antoine CARILLON dit le Juif, un passeport pour aller à Villefranche, dépt de l’Yonne; les témoins sont MM DEFERT, notaire royal, et GUTTIN Antoine, boulanger ».

 « Visé le passeport de Jean Etienne, époux de Catherine CARILLON, cultivateur à St Jean De Gardonèque, sous-préfecture d’Alais, département du Gard, pour retourner avec sa femme chez lui ».

Reçu une lettre de Mr GAIGNOT, « homme de loy » à Paris, relative à « l’obtention des réserves; payé pour le port d’icelle 50c ».

Le 29, écrit au Préfet de l’Yonne « pour le prier de faire cesser les vexations employées envers les porteurs de quittances non acquittées ».

Le 30 Novembre, « vu arriver deux porteurs de contraintes …, l’un GILLET Edme, ancien militaire, l’autre nomé Philipot, aussi ancien militaire, tous deux établis en garnison dans la Commune de Montillot; visé leur feuille à six heures du soir ». Reçu une lettre du sous-Préfet demandant l’organisation d’une « quête pour les incendiés ».

Signé la « feuille de pattente« , d’Edme SOEUR, maçon, pour 1817, laquelle constate qu’il en a payé le montant au percepteur.

Décembre.

Le 3, « les usagers pour les vieilles écorces n’ayant pas pu retirer leurs portions faute de payer vû la grande misère, le maire de Montillot se voit forcé de les vendre à tel prix que ce soit, la Direction forestière obligeant absolument de débarrasser sans délai les deux coupes ».

Le 4, « délivré à COURCELLES Agathe, femme GUILLOUX Pierre, tisserand au Vaudonjon, et à DESVOIX Françoise, femme JOJOT Léonard, manoeuvre à Vaudonjon, chacquin un certificat pour aller à l’hospice de la Maternité chercher des enfants nouveaux-nés. »

Le 5, « adressé à Mr GAIGNOT, homme de loi à Paris, un précis sur la situation de la Commune pour la Coupe de la Réserve addressé à son Excellence le Ministre des Finances »; dépenses prévues:

– pour acquisition d’un presbytère, maison commune et maison d’école :        7000 F

– réparation de l’église                                                                                5000 F

– fossés autour des bois                                                                             1500 F

– chemins vicinaux                                                                                     2000 F

– lavoirs et fontaines                                                                                     800 F.

Après plusieurs relances, « reçu le 6 décembre le permis accordé par Mr le Sous Inspecteur des Bois à la Résidence d’Avallon pour couper les Bois Triages des Pommerats, ordinaire de 1818 ».

Le 7, adjudication pour 300 mètres de fossés autour de la coupe des Pommerats; conditions posées :

– les fossés auront 1m 3dm de largeur, 1/2m 30cm, ou 2 pieds, de profondeur ; réduit à un pied de largeur dans le fond

– « mettre sur le jet des dits fossés du Plant-Enraciné de charme, chêne. »

– terminer d’icy au 15 mars prochain

–  » le tout sera sujet à visitte ».

Offres :

– Charles MERCIER, du Vaudonjon : 30 centimes la toise

– Pierre SAVELLY, dit Morisson : 25 centimes

– Charles MERCIER : 22 1/2

– Edme et Pierre PORCHERON, frère et fils de Pierre, dit Cascaret : 20 centimes la toise.

Adjugé aux PORCHERON.

Les 8 et 9 Décembre, « avons procédé avec Edme SOEUR, maçon, à la visitte des fours et cheminées de Montillot et des hameaux de Vaudonjon, Tameron, les Hérodats », et « fait le dénombrement pour 1817″.

Le 11, « Antoine GUILLOUX m’a représenté un congé définitif à lui délivré par le Conseil d’examen séant  à Auxerre le 6 Novembre 1815, pour ancienneté de service; né à Montillot le 20 Juillet 1789; 28 ans ; taille 1m 731; cheveux et sourcils châtains foncés, yeux bruns, front haut, nez pointu, bouche petite, menton rond, visage plein, fusilier au ci devant 90ème régiment d’infanterie de ligne ». Ce congé, expédié le 20 Octobre 1817, est signé du Préfet du département, M. de GARVILLE, du Général du Département B. de ROVILLE, du capitaine de la Gendarmerie Vallon de Grandville.

« Ecrit à Mr VIART, curé du canton d’Auxerre,pour qu’il nous indique les moyens d’obtenir la résidence de Mr CALMUS, desservant de Montillot et vicaire de Vézelay dans notre commune; je lui observe que le logement est fixé ainsi que le traitement du desservant par le Conseil Municipal et homologué par le Préfet; que l’éloignement d’avec Vézelay et les mauvais chemins nuisent à la religion et nécessitent cette résidence, que cette commune est au centre de plusieurs autres qui n’en ont pas. »

Taxé le pain blanc à 45c le Kg et le pain bis à 40c.

Le 12, écrit au bureau de poste d’Epinal… »relativement à une somme de 7 F addressée à Carillon Etienne, chasseur en garnison à Epinal et déposée au bureau de poste de Vézelay le 19 Mars 1817 par CARILLON Denis de Montillot »;… »ce militaire étant mort le 10 Mars dernier n’a pu recevoir les 7 F qui lui étaient addressés ».

Le 21 décembre, « adressé à Mr le Maire de Pourrain, le certificat de publication de bans de mariage de Antoine CARILLON, manoeuvre, fils majeur de défunt Edme, dit le Juif, et de survivante Marie GUILLOUX, habitant de cette commune, avec THOINOT Marie Jeanne, veuve en 1ères noces de BERRY J.B. demeurant à Vaviers, commune de Pourrain ».

Le 22, »écrit à Mr le Substitut du Procureur du Roi à Avallon, pour l’engager  à faire sortir de prison Edme X… de Tameron, comme indigent; je lui demande seulement d’exiger la remise du fusil de cet homme affin d’éviter par la suitte un plus grand mal ».

Le 26, « pour l’année 1817, délivré à GUTTIN Claude comme sonneur pour traitement des 5 premiers mois, une ordonnance de 6 francs 25 centimes. Délivré à LEMOUX Lazare,comme sonneur pour traitement des 7 derniers mois, une ordonnance de 8 francs 75 centimes. »

« Délivré à SONNOIS Edme, tambour, un bon de 10 francs à valoir sur le buget de 1817″.

Le 28, adressé au percepteur « la liste des 19 chefs de dizaines destinés à percevoir les charges supportées par les bois communaux pour 1817, je l’engage d’avertir ces chefs de verser sans délai le prix de chaque dizaine, et en cas de retard de leur envoyer un ou deux garnisaires par dizaine et ces chefs les enverront chez les retardataires. »

Journal de 1818

Janvier

Le 1er Janvier, « addressé à M.ROUMIER, greffier du Tribunal civil d’Avallon, les registres civils de naissances, publications, mariages, décès de la Commune pour 1817″.

Le 2, « reçu une lettre de Mr le Directeur du Bureau des Nourices qui demande l’extrait mortuaire de BOILEAU Héloïse »; « répondu de suite que je l’ai remis au meneur PIGNOLET ».

Le 4, le percepteur d’Asquins annonce que « vû les mauvais chemins, il ne se rendera à Montillot pour recevoir que le mercredy 7 de ce mois ».

Le 8 Janvier, « je me suis rendu à Avallon pour parler à Monsieur le Préfet de l’Yonne ».

Le 15 Janvier reçu « l’arrêté du 2 de ce mois pour la fête du 21 de ce mois pour la mort de Louis XVI » ( les membres du Conseil municipal et les fonctionnaires publics devront assister au service religieux ordonné ). Ce service n’aura lieu que le 28 Janvier, « n’ayant pu avoir de prêtre le 21 ».

Reçu « une lettre de Mr le Procureur du Roi de l’Arrondissement d’Auxerre …relative à Jean Y…,de cette commune, pour aller à Auxerre faire 3 jours de prison auquel il est condamné. Je l’ai averti de suite ». Jean Y… »m’a assuré avoir fait le temps de prison dans la dernière quinzaine de novembre 1817″.

Délivré à Antoine GUTTIN une Ordonnance de 4F 75c « pour pain par lui délivré aux indigents« .

Le 30 Janvier, « publié la taxe du pain blanc à 40c le Kg et le bis à 35 centimes »

Février.

Le 2, adressé au « Procureur du Roi à Avallon, une plainte portée par PATAUD Joseph, thuilier à Asquins, contre Anne … à Baudeleine, pour vol de bois ».

Le 5, « j’ai fait rentrer par Denis CARILLON, laboureur (qui en a amené 3 voitures),un pied Cormier de chêne de la réserve du Fey apartenant à la commune, que le vent a abbattu hyer à midy; je l’ai fait débiter par BUREAU Claude et son fils et leur ai fait réparer un mauvais pas du chemin de Vézelay à Brosses. J’ai donné pour ces objets au dit BUREAU susnommé un bon de 3 francs sur Antoine GUTTIN, boulanger audit lieu ».

Le 8 : « taxé le pain à 17c1/2 le blanc et 15c le bis la livre ». « Averti les particuliers que Mr CHAPOTOT, percepteur, se rendra icy jeudy prochain, 7h du matin, pour percevoir les contributions arriérées; il amènera porteur de contraintes et garnisaires« .

Le 12, « délivré à Antoine GUTTIN, à valoir sur 1817, article du curement des fontaines et abreuvoirs, un bon de 29 F pour pareille somme payée par lui à Claude BUREAU, pour journées employées » … à des travaux pour la commune.

« Signé le registre de CHAUVIN, meneur des enfants de l’hospice de la maternité de Paris ».

Le 13, délivré à MAZILIER Pierre un passeport pour aller à Paris; il y est demandé pour travailler par une de ses tantes .

Le 15, « écrit à Mr le Sous-préfet pour demander que les 37 ha de la réserve du Feije appartenant à la commune soient compris dans la demande formée en ventte auprès du Gouvernement pour réparation de l’église, acquisition d’un presbytère, maison commune, et maison d’école; les 8 ha d’Aigremont étant insuffisants, attendu que cette réserve est extraordinairement gattée lors du séjour des troupes étrangères en 1814, et que l’avis de Mr le Conservateur de Troyes était favorable à cette demande; elle est âgée de 32 à 33 ans ».

Le 22, « reçu l’autorisation donné à PORCHERON Jean pour l’enseignement primaire délivrée à Chalons sur Marne le 21 décembre dernier, signé BECQUET inspecteur de l’Académie de Paris et approuvé par Mr le Préfet » … »ensemble le Brevet de capacité délivré au dit PORCHERON …délivré le 11 Aoust dernier ».

Le 25, « entrepris à GILET et à PEUBLE menuisier à Vézelay les bancs de l’église à faire moyennent 548 Francs, carrelage compris; sur quoi ils ont reçu 377 F. à compte (trente pièces sizes dans les coupes des Pommerats) et 15 F. (seize vieux bancs de ladite église), le surplus montant à 156 F. leur sera payé six mois après la réception et la visitte des dits bancs ».

Le 27, « payé pour taillage des arbres du presbytère pour deux journées pas nourri, à Gabriel DUPLAN, deux francs ».

Mars

Le 1er, délivré à MONIN Claude aux Hérodats un bon de 16F pour « réparations à l’église et au cimetière, une journée pour réparation de chemin, charois de sable, thuiles et translation de bornes du finage ».

Le 2, « délivré à Rennequin Jean François, habitant de cette commune, un certificat d’indigence« .

Le 5, « Reçu une lettre de Mr le Vérificateur des Poids et Mesures de l’Arrondissement d’Avallon en date du 1er de ce mois concernant PAPILLON Jean et DENON André, meuniers; je les ai avertis de s’y conformer ».

Reçu une lettre du Sous-Préfet annonçant un secours pour la commune de Montillot de 152 F 75c, à l’intérieur de celui de 1372F 75c accordé pour l’Arrondissement d’Avallon par arrêté du Préfet en date du 28 Janvier.

Le 7, « envoyé à Mr RAGON, receveur de l’enregistrement, l’état de la division des biens de la succession de VENTENET Edme, mort à Paris le 27 Aoust dernier ». Le 9, « délivré à DEGOIX Edme, dit Ribouleau, comme indigent, un bon de dix livres de pain blanc ».

Le 12, état de travaux communaux divers :

– Edme SOEUR a « arrangé » la Croix de l’Echally (1/2 journée), toisé les fossés des Pommerats (120 toises à 20 c la toise).

– curement des mares et fossés par Edme PORCHERON, gendre SAVELLY …

Le 23, « écrit à Mr COSTER, contrôleur des Contributions, pour ôter de la patentte pour 1818, JOJOT Claude dit Plaisant et GUEREAU Pierre comme blatayers, BRISDOUX Pierre comme maçon, et BOULLENAT Guillaume comme tisserand ».

Ecrit au Maire d’Avallon pour avoir la taxe du pain et la mercuriale des grains des deux derniers marchés.

Le 26, « reçu l’ordonnance rendu le 6 Février dernier par Sa Majesté portant autorisation à la commune de Montillot de couper la réserve de l’Aigremont« .

Publié la taxe du pain à 35c et 30c le kg.

Le 29, « écrit à Mr MARTIN, curé de Vézelay pour le prier de nous faire venir de Paris un Calice en cuivre avec la coupe et la patène en argent doré et un ostensoir de 20 à 21 pouces de haut et propre en cuivre argenté avec la Gloire en argent doré ».

Le maire de Vézelay demande que Montillot fournisse 4 moutons pour l’empoisonnement des loups. Les propriétaires refusent de les fournir gratuitement, et la commune n’a pas de fonds disponibles.

Le 30 Mars, « enregistré les congés définitifs de Jean JOJOT, canonier au cy devant Régiment d’Artillerie à cheval, né à Montillot le 26 May 1783, taille 1m750 (avec le signalement complet), … et de Edme BRISDOUX, fusilier au 68ème régiment d’infanterie de ligne, né le 14 Mars 1787 ».

Avril

Le 2 , sur la forte insistance du Sous-Préfet, la commune livre quatre brebis fournies par CARILLON Denis, GUILLOUX Antoine, Jacques CULIER; « le garde champêtre Paul BERTHOUX les a conduits à Vézelay et les a ramenées ».

« Le même jour j’ai remis au piéton l’ordonnance de 152 F 75c pour la remettre à Mr COMPAGNOT, receveur particulier à qui j’écris d’en remettre le prix au piéton pour qu’il me le rapporte ». Le 5 avril, « le piéton m’a remis les 152F 75c, je lui ai donné 75c pour la peine ».

Le 4, reçu une lettre du Substitut du procureur du Roi près le Tribunal d’Etampes (Seine et Oise)… relative à Marie M.., femme D.., habitant de cette commune, arrêtée pour mendicité et vagabondage… »Fait réponse de suitte que cette femme n’est pas mal à son aise, mais qu’elle aime mieux mendier que travailler ».

Le 7, « délivré à DEGOIX Edmée comme indigente un bon de dix livres de pain blanc sur GUTTIN Antoine, boulanger ». le 9, … »à DEGOIX Edme, dit Ribouleau comme indigent un bon de 10 livres de pain blanc ».

Travaux effectués au presbytère:

– par Edme DEFERT, maréchal : « arrangé la serrure d’entrée, mis les servelottes des verroux des portes du jardin; fourni un cadenas pour la porte du grenier »

– par Edme MERCIER, « relevé un bout de mur du jardin ».

– par Pierre PERNOT, « fait une porte neuve, posé des ferrures, fourni les cloux, raccomodé une autre »…

Le 11, adressé au Receveur de l’Enregistrement de Vézelay, le tableau des 9 décès du « trimestre de janvier 1818 », en indiquant leurs ressources ( on note que selon les commentaires écrits du maire, ceux qui ont 50 à 60 F de revenus fonciers sont « à leur aise ») :

– BERTHOUX Edme , veuf SAUTEREAU Jeanne, 85 ans

– GARNIER Marie, fille de Jean, 18 ans

– MOREAU Barbe, veuve PERNOT Laurent, 59 ans

– FEVRE Pierre, époux de COLIN Madeleine

– GARNIER Edme 47 ans

– DUPONT Marie, veuve VENTENET Pierre, 72 ans

– CARILLON Pierre, dit petit Pierre, 80 ans

– JOJOT Anne, veuve BOULLENAT Vincent et GUILLOUX Pierre, 69 ans

– TROUSSEAU Jeanne, veuve PORCHERON Michel, 71 ans

– BETTON Geneviève, 23 ans, de Blannay

Le 12, délivré à LEMOUX Lazare, du Vaudonjon, un passeport pour aller travailler à Rosny près Paris.

Enregistré congé définitif de CARILLON Pierre, né le 3 Septembre 1786.

Les 15, 17, 22 et 24, délivrance de passeports à des habitants de Montillot allant travailler à Paris:

– Françoise FEVRE, fille de défunt Edme, pour travailler à la vigne chez RAMEAU Papillon à Nogent (arrt de Sceaux)

– Edmée et Jeanne MERCIER, id chez SAVART Lemaigre, vigneron à Montreuil

– Anne RENNEQUIN, fille de François, …chez le même vigneron.

– Pierette et Geneviève DEGOIX, chez le Sieur Louis BERGER, propriétaire à Nogent sur Marne.

– Edmée et Etienette JOJOT, chez le Sr CADET, boulanger à Charonne, arrt de St Denis.

– Elizabeth CARILLON, fille de Pierre et de Françoise VOILOT (défunts), chez le Sr Maurice, vigneron à Pantin.

– Anne et Brigitte BRISDOUX, chez le Sr PAULARD, propriétaire vigneron au Pré St Gervais

– Claudine MERCIER, femme BERTHOUX François, chez le Sr SAVART, vigneron à la Barrière de Charonne.

– Françoise PORCHERON, fille de Claude, et Jeanne BERSON, fille de Jean, chez le Sr VIOLET, cabaretier à Menil Montant.

– Gabrielle et Adrienne PORCHERON,  filles d’Edme et de Françoise CARILLON, pour aller servir chez Mme Vve Laporte et Mme Desboeufs.

– Catherine LUCY, femme FEVRE Claude, laboureur au Vaudonjon, chez François SAVART, vigneron à Montreuil

– Claudine SONNOIS, femme CAMBUZAT Louis, chez le Sr CHANTAIT à Limours, arrt de Versailles.

– Edmée CARILLON, fille de Lazare, chez SALAVIN Etienne à Montreuil

– Marie Jeanne BERTHOUX, fille de Léonard, pour aller rue Montmartre sarcler les champs, chez le Sr RIME, tailleur d’habit

– Margueritte JOJOT, femme POULIN Alphonse, manoeuvre au Vaudonjon, pour travailler aux vignes chez le Sr SALLAVIN, jardinier fruitier et vigneron

– Adrienne SONNOIS, fille de Lazare et déf. Anne TILLIEN, pour travailler aux vignes à Paris, rue des Amandiers, chez Mme MEAUX, « vignerone »

– Françoise SONNOIS, pour travailler à la vigne à Epinay (Seine) chez le Sr DESCHAMPS, vigneron

– Etienette SONNOIS, femme GUEREAU, pour travailler à la vigne chez le Sr D’ARREME, vigneron propriétaire, proche la Barrière de Charonne

– Marie POULIN, femme de Claude GUTTIN, pour travailler à la vigne chez le Sr DESCHAMPS à Epinay

– Adrienne BERSON, fille de Claude et de Adrienne POULIN, chez le Sr VASSON, à Bagnolet

– Françoise et Jeanne JOJOT, filles de Claude et de Jeanne BOUVEAU, chez le Sr BAUDOIN à Epinay

– Edmée DELHUME veuve Claude CARILLON, dit Dégagé, et sa fille Françoise CARILLON, chez le Sr DELIN, cabaretier – aubergiste à Epinay

– Françoise CULIN, fille de déf. Philibert et Adrienne CARILLON, laboureur, chez le Sr DELIN à Epinay

– Marie VENTENET, femme GIRARD Claude, chez SAVART Le maigre, vigneron à Montreuil

Le 30 Avril, reçu le Bulletin administratif de l’Yonne, concernant la vaccine et la fête de la rentrée de Louis XVIII dans la capitale.

May

Le 1er, « on a commencé à travailler au grand Chemin de Vézelay ».

Délivrance de passeports:

– Marie Jeanne CARILLON, veuve GIRAULT, pour aller travailler chez le Sr Jacques GIRAULT, jardinier à Argenteuil (Oise)

– Brigitte TREMEAU, pour aller chez le Sr BAUDOIN, vigneron à Epinay

– Jeanne CARILLON, fille de Pierre et de Jeanne PERNOT, chez le Sr Jacques GIRAULT à Argenteuil

– Marie MOIRAND, pour aller travailler chez CADET, boucher vigneron à Bagnolet

– Françoise et Catherine DEGOIX, filles de Pierre, pour aller chez le Sr Jacques MAURICE, vigneron à Bagnolet

– le 3 mai, « célébré la rentrée de Louis XVIII dans la capitale, distribué du pain aux indigents (50F), payé pour la garde nationale (6F), plus poudre à tirer (2F). Le Conseil municipal et les autres fonctionnaires y ont tous assisté en corps ».

– le 7, adressé à Mr LALLEMAND, « Directeur du Bureau des Nourices », l’acte de décès de Thérèse Constance BONCOURT, fille d’un typographe habitant à Paris, 12 rue du Four, quartier de la Sorbonne.

–  le 9, adressé au Sous-Préfet une demande d’autorisation d’ouverture d’un Rôle extraordinaire de 200 F pour acquérir « une Coupe de calice en argent doré, un ostensoir pour l’exposition du Saint Sacrement et un custode pour porter les sacrements aux malades ».

– Le 12 mai, « Publié la défense de laisser entrer sous aucun pretexte les brebis et moutons paître dans les bois notament dans la reserve du Feije ».

– « L’inspecteur des forests a fait le récolement des Pommerats, martellé la réserve d’Aigremont, et la Tête de l’Atte, coupe ordinaire de 1818 ».

– le 14, adressé au Sous-Préfet « le détail de l’emploi de la somme de 152 F 75 c accordé à la commune de Montillot à titre de secours » par le Préfet en date du 22 Janvier précédent, « savoir

– 24F30c payés à Antoine GUTTIN pour pain distribué le 3 May aux indigents, infirmes et en secours à domicile

– et le surplus employé en atteliers de Charitté sur les chemins en 272 journées, savoir 11 à 1F, 123 à 75c, 89 à 50c, 5 à 45c, 29 à 40c, 3 à 35c et 12 à 30c, …porté sur 63 particuliers. »

Le « dit compte est vérifié et arrêté et signé par MM DEFERT, notaire et PORCHERON Jean, instituteur, tous deux membres du Comitté de Bienfaisance. »

Le même jour, établi le rôle des prestations en nature pour « réparation des chemins vicinaux, montant à 392F 85c, formant 266 jours 1/2 à bras et 3 jours de voitures; savoir à extraire 533 mètres de pierre et à charoyer 222 m cubes de pierre. la journée à bras est fixée à 1F, celle de voiture à 3 F; la toise cube à 4 francs. Il y a par journée à bras 2 m cubes et par journée de voiture 6 mètres. »

– Le 21 mai, répondu au Receveur de l’Enregistrement de Vézelay, qui avait demandé les ressources de trois foyers. On note deux types de réponses. Le premier, qui paraît normal:

… »ils ont fort peu de mobilier et de biens, pour un revenu de 49F 57c; N°… du Rôle Foncier.

Le deuxième, moins objectif :

… »berger à …; il vit avec une femme de mauvaise vie sans être marié avec elle, il n’a pas de mobilier et ne possède qu’un revenu de 10F 61c en mauvais biens situés à la Charbonière… » (2 « mauvais » points …!)

Fixé le prix du pain blanc à 13c 1/2 et le pain bis à 11c 1/4 la livre.

– Le 24 Mai, adjugé à Claude CARILLON, laboureur au Vaudonjon, « seul metteur pour le prix et somme de 3 francs pour une année », l’entretien du lavoir et de la fontaine du Vaudonjon. Il devra, entre autres, « entretenir la vanne en sorte qu’il y ait toujours l’eau au degré nécessaire pour abreuver les bestiaux ».

– Le 29 mai, « écrit à M. le sous Préfet pour le prévenir des ravages occasionnés par une louve et trois louveteaux malgré l’empoisonnement, demandant ce qu’il faut faire à ce sujet. Et vu l’étendue de la commune, demandé l’autorisation pour le garde-champêtre, attendu qu’il y a beaucoup de bois à traverser, de porter un fusil dans ses tournées ».

Juin

Le 7, adjudication du « currement de la marre vulgairement appelée Crot Major », à Jean JOJOT, fils de Claude, pour 20 F; « à la charge par lui de bien et duëment netoyer ladite marre, en ôter les imondices et les pierres et autres objets qu’il y trouvera et de les transporter de manière qu’ils ne puissent y retourner ».

Le même jour, « procédé à l’adjudication de l’herbe du cimetière, seulement pour la couper d’icy au 11 Novembre prochain sans y pouvoir sous aucun prétexte mettre de bestiaux d’aucune espèce sous les peines de droit ». Adjugé au plus offrant , Claude GUTTIN père pour 7 francs.

Le 22, « répondu à Mr MARTIN, curé de Vézelay, relativement à l’instituteur, que son traitement pour 1818 est de 60 francs fixe les mois d’école … qu’il a en hyver 40 à 50 écoliers, dont 1/4 au moins indigents, deux tiers à 30 centimes, 1/6 à 50 c., 5 à 6 à 75c., et 1 ou 2 à 1 franc; qu’en été il n’a pas d’écoliers; que la population est de 880 habitants et le nombre de feux de 221. »

Le 28, « procédé à l’adjudication à l’enchère de la bouë provenant du curement de la marre ditte du Crot Major aux clauses et conditions suivantes, d’enlever la bouê d’icy à six semaines a datter de ce jour, de payer le prix entre les mains de ceux qui ont curé la dite marre … ainsi que la somme de 3 francs employé à curer le citerneau de la citerne et enlever la bouë de la marre de la Duitte ». Adjugé à Charles CARILLON, blatayer, à 20 francs.

Le 29, « tous les contribuables sont invités d’acquitter sans délai les termes courants s’ils ne veulent être poursuivis par voie de saisie, garnison et même de la gendarmerie ».

Juillet

« Adressé à Mr le Sous Préfet les noms des Commissaires répartiteurs de Montillot pour 1819: les Srs RABIER, notaire à Corbigny; BADIN HEURTEBISE au Châtel Censoir; DEFERT, notaire à Montillot; GUTTIN Claude Père et Jean PORCHERON à Montillot. »

Le 9, « procédé à la quette pour les incendiés de Saint Florentin »: pour Montillot et Tameron, 11F05c en argent, plus une quarte et demie de mouture, plus chanvre, fil, étoupe et filasse …

Le 16, « amodié le curage de la marre du Crot du Lac à Edme PORCHERON, dit Condy.

le 29, « amodié la boue du Crot noir et du Crot vers chez Léonard BERTHOUX,…au dit Léonard et à CARILLON Lazare, fils de François, moyennant deux francs ».

Aoust

Le 14, « adressé à Mr le Maire du Chatel Censoir une lettre pour le prier de deffendre aux bouchers de sa commune de porter à Montillot de la viande morte pour vendre, à peine en cas de contravention de confiscation de la dite viande au profit de l’hospice de Vézelay ».

Le 17, « entrepris par adjudication à Laurent PORCHERON, laboureur , le Crot du Puits Martin à récurer et à y faire un glacis en pierre recouvert en terre par dessus du côté du chemin, moyennant la terre provenant du dit curage et 10 francs en argent. le tout sujet à visitte ».

Le 30, adressé au Sous-préfet 12 pièces, lettres et quittances, justifiant les dépenses effectuées. Entre autres choses, il est expliqué que les habitants ont décidé d’abandonner leurs parts de  branchages et vieilles écorces de la coupe des Pommerats (« n’ayant pas même de pain, ils ne pourraient pas acheter du bois »…), « pour être mis en moulée, vendus et le prix employé à réparer la couverture de l’église pour pouvoir jouir de la citerne, seule ressource pour le pays en temps de sécheresse »… »Les habitants de Montillot manquant absolument d’eau désiraient en chercher à la journée… et que je fisse faire des fouilles par eux-mêmes à la corvée et que je fasse réparer deux puits, démaçonnés dans le fond, dont un tient un peu de source et que je suis sûr que l’on pourrait découvrir à peu de frais »…

Septembre

Le 4, « enjoint aux particuliers qui ont des chiens de les tenir à l’attache ou de leur mettre au col des bâtons en croix longs de 2 à 3 pieds pour les empêcher d’entrer dans les vignes; ceux qui seront trouvés n’en pas avoir seront tués de suite et procès verbal dressé contre les propriétaires contrevenants ».

Publié la « deffense expresse d’abattre sous aucun prétexte du gland dans les bois communaux ».

Le 17, « reçu et publié l’appel aux classes de 1816-1817, et la répartition du contingent entre les cantons de l’arrondissement d’Avallon. Il en faut 60 de chaque classe pour Avallon,…dont 15 pour Vézelay ».

« Fait défense de laisser aller les enfants dans les vignes pas même dans les leurs ».

Le 20, mise du ban de vendange au 26 courant…Deffense a été faite de grapiller dans les vignes avant le 4 octobre prochain. »

Octobre

Le 2, « écrit à Mr le Substitut de Mr le procureur du Roi pour demander un nouveau sursis pour Pierre Y…, pour faire ses 15 jours de prison auquel il a été condamné par jugement du 30 Mars dernier, attendu que sa femme est prête d’accoucher ».

Reçu une lettre de CARILLON Joseph, invalide, 7ème Division, Corridor de Monaco à l’Hotel des Invalides à Paris.

Le 10, reçu du Percepteur le Rôle unique des contributions pour 1818. Récapitulation générale des impôts à payer par la population du village :

– contribution foncière propriétés bâties et non bâties : —————————————6664 F 47c

( pour 25626 F de revenu foncier total)

– taxe sur les portes et fenêtres : ———————————————————————  292 F 15c

– taxe personnelle et mobilière : ———————————————————————–  998 F 91c

– patentes :—————————————————————————————————-   260 F 09c

– centimes pour frais d’avertissement : ————————————————————–    22 F 40c

TOTAL : ————- 8233 F 02c

A noter que le barême de la taxe sur les portes et fenêtres distingue :

– les portes cochères et de magasin

– les portes et fenêtres de rez de chaussée, 1er et 2ème étage

– les maisons n’ayant qu’une porte et une fenêtre

– les maisons n’ayant qu’une porte.

Le 12, écrit au Procureur du Roi en lui adressant un procès-verbal de recherche et deux peaux de moutons. Sur plainte portée par un habitant du hameau de Baudeleine contre un de ses voisins , soupçonné de lui avoir volé dans son écurie « un agneau de l’an passé, blanc en entier réserve deux taches rousses au col », le Maire de Montillot, accompagné de BERTHOUX Paul Nicolas, garde-champêtre « duëment décoré » s’est rendu chez le voisin accusé, a sommé son épouse de « leur ouvrir les portes de son habitation, ce qu’elle a fait »; étant « montés sur le grenier qui est au-dessus », ils ont trouvé « sur une perche étendüe vers la cheminée dans ledit grenier deux peaux de moutons dont l’une a déjà été lavée et où il y a des morceaux de coupés; et l’autre pas encore sèche, et paraissant avoir été écorchée à peu près il y a huit jours en portant les marques indiquées par le dit … plaignant ». « Ayant sommé la dite femme …de dire d’où elle avait ces peaux, attendu qu’elle n’a ny brebis ny moutons »… »elle n’a plus répondu ». Le Maire demande donc au Procureur  de trouver et de punir « le vrai voleur »…

Le 17, lettre à Mr COMPAGNOT, receveur particulier de l’Arrondissement d’Avallon; le maire s’y défend de l’accusation d’avoir dénoncé ce fonctionnaire auprès du Préfet pour avoir fait payer deux fois certains contribuables.

Les 25 et 26 : tirages des classes 1816 et 1817 à Vézelay.

Le 27, dans une lettre à Mr CHAPOTOT, percepteur; le maire se plaint du « porteur de contraintes de celui-ci, « qui se mêle de publier partout », écrit-il, « que je n’ai pas payé mon canton de bois ny celui de ma mère (lequel ne me regarde pas) ». Il estime que le percepteur lui doit 9F 30 pour la « confection de ce rôle » et que son « canton ne s’élève qu’à 5F 57c ». Il lui demande donc de le « rayer sur le rôle des bois et de mettre le surplus des 9F 30c sur l’art.6 de Melle De la Borde Françoise » et « d’avertir son porteur de contrainte de n’être à son égard ny si insolent ny si bavard ».

Novembre

Le 1er, affiché les tableaux d’appel des classes 1816 ( 4 conscrits à Montillot) et 1817 (5 conscrits). Conseil de révision à Avallon le 9 Novembre.

Le 3, « délivré au Sr BERTHOUX Paul Nicolas, garde champêtre, une ordonnance de 190 F pour son traitement pour l’année 1818″.

Le 17, envoi au sous-Préfet des mémoires présentés par DUFOUR Pierre, couvreur à Asnières, « pour ouvrages faits par lui à l’église de Montillot » en 1817 et 1818; d’abord à la demande du Maire, sur la couverture, en novembre 1817 et en mai 1818, pour la somme de 28 francs; puis , à la demande de MM DEFERT, notaire, Jacques FOURNIER, maréchal et Jean PORCHERON, instituteur, membres du Conseil de l’église de Montillot :

– « enduire et blanchir dans l’intérieur, moyenant le prix de 50 Francs »

– « enduire la place dégradée du pinion et du goutterot de l’église et pour le blanchir », …60 Francs.

Le maire certifie l’exactitude de ces mémoires et l’authenticité de la signature du couvreur et demande l’approbation du Sous-Préfet.

Le 20, reçu le « mémoire des ouvrages faits par Edme SOEUR, maçon au Vaudonjon, en 1817 et 1818:  ( total  55 F 45 c )

– « raccomoder la croix de l’Echaly (taille de pierre) », la croix de la Duitte, la croix du cimetière.

– taille et fourniture de « 2 bornes de baze d’arpentage »

– relever le « conduit de l’échené sous l’église »

– le carrelage de l’église

– fourniture d’une feuillette de chaux vive, de deux feuillettes de sable et de 5 carreaux

Vu « les lois des 28 Septembre et 6 Octobre 1791 sur la Police rurale, deffense expresse est faite aux cabaretiers de garder chez eux du monde passé 9h du soir, réservé les voyageurs et étrangers ».

Le 29, adressé à Mr BOURGEOT, géomètre à Avallon, le procès-verbal de délimitation du finage d’Asquins, après l’avoir signé.

Décembre

Le 1er, « Jacques JOJOT et BUREAU Charles (pour une voiture), Jean PORCHERON instituteur et GUTTIN Edme dit Museau pour une autre, Claude GUTTIN père pour une autre, et Hubert MERCIER pour une autre, ont ramené à Montillot de chez Peuble et Gilet menuisiers à Vézelay, les bancs de l’église. »

« Procédé avec Edme SOEUR, maçon, à la visitte des fours et cheminées et à la quête pour les incendiés »… »j’ai trouvé celle d’Edme GUILLOUX, gendre PORCHERON, et de GRASSET Jean, en très mauvais état et je les ai averti de les réparer d’icy au 8 de ce mois sans quoi elles seraient jettées à terre et eux condamnés à l’amende ».

Le 4, « délivré à Mr CALMUS, vicaire de Vézelay, une ordonnance de 300 F pour son traitement de l’année 1818 », comme desservant de Montillot.

Le 7, « écrit au Bureau des Nourices à Paris, pour réclamer une somme de 73 F10 c (voyage compris) due à Edmée GUILLOUX, femme DEFERT Antoine, manoeuvre, pour allaitement de BONCOURT Thérèse Constance ». ( d’après le registre d’Etat Civil, cette enfant, née le 1er Aout 1817 à Paris, est décédée en nourrice à Montillot le 30 mars 1818 ).

Le 8, « fait réponse à Marie Jeanne CROCHU, fille de l’hospice des enfants trouvés de la Seine, demeurant à Paris à la Salpêtrière », qui demandait le nom du « meneur » qui l’a amenée en nourrice à Montillot le 8 brumaire an V, et les noms de ses parents nourriciers successifs.

Le 12, longue lettre au percepteur qui a refusé de payer 300 F, traitement du desservant pour 1818, afin de justifier la validité de cette dépense et de son affectation comptable.

Le 20, « suite à l’annonce qui en a été faite à son de caisse », adjudication de la « Coupe du Triage (ordinaire 1819) des Cantons de Montillot dit la Tête de Lâtte »; attribué à Claude PORCHERON, bûcheron, pour 70 francs.

Journal de 1818

Janvier

Le 6, averti les habitants de solder tous les termes échus de leurs impositions s’ils ne veulent pas être poursuivis « par voye de garnison »

Le 10, « délivré à chaque Chef de Dizaine les noms de ceux qui composent leur dizaine, averti les habitants que le partage des bois  se fera le 12 de ce mois, qu’il est fait expresse défense d’en enlever sous aucun prétexte avant le 13 du dit mois », d’y entrer avant soleil lever et d’y rester après soleil coucher, à peine en cas de contravention d’être poursuivis devant les tribunaux qui en doivent cognoître ».

Le 12, « délivré les cantons aux habitants; les tas de ceux qui n’avaient pas payé ont été vendus et adjugés à la requête de Mr CHAPOTOT, percepteur a qui le prix des adjudications ont été payées. Vendu et adjugé à CARILLON Charles, blatayer, les dix tas excédants le partage moyenant 50F 50c. »

Le 14, « reçu extrait du procès-verbal d’adjudication de la Coupe du 1/4 de réserve d’Aigremont,…adjugée à Mr BERTIN, marchand de bois à Vermenton moyennant le tout en principal pour 3923 F 52c.

Le 19, rédigé le rôle des usagers de Montillot pour 1819. Il y a 180 usagers. Montant 1100 F. Adressé au Sous-Préfet pour être homologué et rendu éxécutoire par le Préfet.

Le 21, le Service de Louis XVI n’a pu avoir lieu, faute de desservant.

Le 22, écrit au Sous-Préfet que le Sr RABIER a proposé de vendre sa maison à la commune 7400 F, « sauf experts » (si elle est estimée moins, il diminuera; si elle l’est plus, il n’augmentera pas…); la partie principale de cette maison aurait « coûté à bâtir plus de 30000 F; et le bâtiment qui peut faire une maison d’école, bâti il y a 6 ou 7 ans « a coûté dans les 4000 F ».

Le 28, reçu une lettre du Sous-Préfet au sujet de l’acquisition d’un presbytère par la commune. Il désigne une autre maison qui lui a été proposée, celle de Jacques MOREAU. Le maire oppose l’existence d’une servitude, « un particulier ayant le dessous et ne voulant pas le vendre ».

Le 29, accord du Sous-Préfet sur la maison de Me RABIER; deux experts doivent être nommés contradictoirement pour estimer le prix de vente.

Février

Le 4 février, envoi du dossier de la maison RABIER au Sous-Préfet. Les 2 experts, Etienne BELLOT, maçon à Vézelay pour la commune de Montillot, et Hubert MATHEY, charpentier à Vézelay pour le vendeur, ont estimé la dite maison à 8850 F. Elle peut donc être acquise pour 7400 Francs

Ecrit au Sr GOIGNOT, « homme de loi à Paris, pour qu’il active le plus qu’il pourra la décision du 1/4 de réserve du Fëye » et s’occupe ensuite du dossier du presbytère, qui sera envoyé très prochainement à « Son Excellence ».

Reçu un avis du Préfet relatif à un cours annuel et gratuit d’accouchement à Auxerre.

Le 9, accord unanime du conseil municipal pour l’achat du futur presbytère

Le 12, « écrit au Sous-Préfet pour lui demander de pourvoir au remplacement d’un membre du Conseil Municipal décédé le 11 Décembre dernier (Antoine MERCIER); je lui propose en remplacement cinq des plus imposés de la commune, qui sont GUTIN Claude père, DEFERT Edme, maréchal, DEFERT Toussaint, charon, FEVRE Claude, fils de Joseph et MERCIER Nicolas du Vaudonjon. »

Le 25, « écrit au Sous-Préfet que vû les dégâts occasionnés par les loups, les habitants des hameaux  de la Bertellerie, Beaudeleine, la Charbonière …demandent qu’ils soient autorisés à faire une battue générale pour les détruire attendu que l’on peut suivre le train de ces animaux sur la neige »; « je lui observe que les 4 derniers moutons qui ont servi au dernier empoisonnement sont encore dus aux particuliers ».

Mars

Le 3, avis par Mr COSTER que le Sous Préfet a nommé le maire de Montillot et l’Adjoint du Chatel Censoir, M.TENAILLE St CYR, « pour constater les pertes qu’a essuyé Jacques MOREAU, meunier à Brosses par suitte de l’incendie du 23 Novembre dernier ».

Le 7, avis de nomination de GUTTIN Claude père comme conseiller municipal.

Reçu une lettre du Procureur du Roi, « concernant les escrocs qui parcourent les campagnes avec des montres et autres bijoux faux, ainsi que pour la surveillance sur les étrangers et passants ».

Le 10, signé le tableau de l’expertise de l’incendie de Jacques MOREAU, rédigé par Mr St CYR; montant : 1550 Francs.

Le 21, « adressé à M. le Percepteur un certificat des impositions de 1816 portées au nom de PAPILLON François Paulin, meunier au Gué-Pavé et qui a vendu ce moulin à M. SAURY, avoué à Avallon. »

Délivrance de certificats pour aller travailler dans la région parisienne :

– aux 3 filles de Pierre GUILLOUX des Hérodats, pour Belleville près Paris.

– à Anne BERTHOUX, femme BOULLENAT Guillaume des Hérodats, pour le Petit Charonne; elle a avec elle deux de ses enfants, l’un de 7 ans, l’autre de 5 mois.

–  à Gabrielle Jacqueline PORCHERON, femme DUPLAN, pour le Petit Charonne; elle a avec elle ses deux enfants, Marie, âgée de 11 ans et Jean, âgé de 8 ans.

Le 17, reçu une lettre de Mr ARNAUDOT, Inspecteur des Contributions Directes du Département, relative au cadastre parcellaire.

Avril

Le 12, « averti Mr le Juge de paix du décès de BOULIN Claude, vigneron au Vaudonjon, qui laisse un militaire absent et des mineurs. »

Le 26, id pour le décès de « PORCHERON Jean, dit Lallemand, huilier à Montillot, époux de MARCEAU Marie, affin qu’attendu qu’il a un fils militaire absent, il vienne y aposer les scellés » .

Le même jour, « fait la visitte des enfants de l’école primaire conjointement avec le Sr PENTAT, chirurgien au Chatel Censoir et dressé le tableau des vaccinés il y en a 2, et de ceux qui ont eu la Petite Vérole, 20 .En tout 22. Il n’y en a point qui n’aye étté vacciné ». (?…)

May

Le 2, « averti les habitants d’élaguer d’icy au 15 de ce mois les hayes situées sur les chemins vicinaux ».

Le 16, « s’est présenté Edme DELHUME, manoeuvre à Tameron, qui nous a présenté un louvetteau d’environ 3 semaines qu’il a pris vivant, et il nous a déclaré que RAPPENEAU François, des Hérodats en avait pris trois pareils; …dressé procès-verbal remis au dit DELHUME pour le porter avec le louvetteau à Mr le Sous Préfet d’Avallon ».

Le 30, à 4h du soir, se sont présentés devant le maire, « les Sieurs ROUSSEAU Jean Baptiste, Claude LAURIN, GUILLOUX Laurent, FEVRE Claude, BERTHOUX Paul, garde-champêtre, tous propriétaires demeurant au hameau du Vaudonjon, lesquels ont déclaré qu’ils sont convenus donner à DESVOIX Catherine, femme GOURLOT Gabriel, leurs vaches ( et autre bétail…)à garder à raison de une quarte et demie par vache, et une quarte par bête asine, pour les garder toute l’année. Est convenu que ceux qui feront garder leurs vaches autre que par leurs enfants seront tenus de payer comme s’ils les mettaient à la vacherie. Le vacher aura en outre une quarte de grain par dix bêtes à laine ; …une livre de pain par semaine, par vache, par asne, et par dix bêtes à laine ; dix centimes par mois par vache, cinq centimes par asne et par porc, et deux centimes et demi par bête à laine ; et une quarte par cochon. Et il est à observer que le grain sera livré moitié métail et moitié orge, et que dans les trois mois de moisson, il ne sera payé que le pain. Nous a déclaré laditte DESVOIX Catherine,…qu’elle accepte les dites conditions et que pour sûreté des propriétaires elle hypothèque tous les biens qu’elle possède situés sur Asquins et Montillot sans être tenue d’en faire la démonstration »…

Juin

Le 14, écrit à Mr CALMUS, ancien desservant de Montillot, que le Conseil Municipal lui redemande les clefs du presbytère, et lui exprime en même temps le regret de ce qu’il a ainsi abandonné la commune sans prévenir. … »Il n’aurait pas du nous quitter n’ayant essuyé aucuns désagréments ».

Le 16, « écrit à Mr DAVOUST, inspecteur des Eaux et Forests résidant à Auxerre, pour avoir la permission de laisser aller les chevaux et mulets dans les bois communaux de 8 ans et au dessus, et pour avoir l’autorisation de couper dans la réserve du Feije un chêne sec par le faîtte pour faire un échené pour l’église de Montillot ».

Le 18, « fait conduire à Vézelay pardevant Mr le Juge de Paix (par Jean JOJOT, garde particulier des forests à Montillot et SAUTEREAU Philippe, garde champêtre à Brosses) le nommé Ané Dominique, natif d’Aulon, marchand colporteur prévenu d’avoir voulu vendre des bijoux en Similor pour de l’or. J’ai envoyé avec le prévenu les objets trouvés sur lui et le procès-verbal que j’en ai dressé… »

Juillet

Le 4, adjudication de la Coupe de l’herbe du cimetière à GUEREAU Pierre, gendre CARILLON Edme … pour la somme de 10 francs à payer «  »au 11 novembre prochain entre les mains du percepteur ».

Noms des commissaires répartiteurs pour 1820 : GUTTIN Claude père, DEFERT, notaire royal, AMYOT Antoine, gendre MERCIER, BADIN HEURTEBISE père au Chatel Censoir et BAUDOT LAVALLEE à Vézelay.

Le 6, écrit au Sous-Préfet pour justifier  » un mémoire de 14F 50c pour dépenses faites par la garde nationale lors de l’anniversaire de la mort de Louis XVI, chez Antoine GUTTIN, boulanger » – et cabaretier – « (au nombre de 15 personnes toutes malheureuses et manquant de pain, lesquels n’auraient pas eu la force de retourner chez eux si je ne leur avais fait donner à manger). C’est à tort que le boulanger a compris dans le bas de son mémoire le Conseil Municipal , …aucun des membres n’y ont participé. …que Mr le Sous Préfet autorisera Mr le Percepteur à payer au dit GUTTIN Antoine les 9F 70c dont il fait à tort  reproche au conseil Municipal en corps d’avoir fait la dépense au cabaret »…

Aoust

Le 5, reçu les pièces concernant le dossier d’acquisition de la maison du Sieur RABIER. Le Conseil municipal approuve le projet de division fourni par l’architecte Mr TANCHON et prend un arrêté pour l’amodiation des fruits du jardin du presbytère et abandonne les récoltes du chanvre et légumes au Sr CALMUS ex desservant.

Le 11, « écrit à Mr le Juge de paix de Vézelay pour l’inviter à venir poser les scellés chez Claude BERSON, ex maire de Montillot, décédé hyer, attendu qu’il laisse 3 mineurs, dont une fille absente.

Ecrit aux Sieurs PEUBLE et GILET, menuisiers à Vézelay, qui n’ont pas terminé l’installation des bancs de l’église, pour les menacer de poursuites.

Les fruits du presbytère sont adjugés à Jean PORCHERON le jeune, instituteur à Montillot pour 10 francs.

Le 20, écrit à nouveau à Mgr l’Evêque de Troyes pour demander un desservant résidant à Montillot, « ce qu’il y a de pire, les malades pour la plupart meurent sans confession pendant le temps que l’on met à aller chercher un prêtre soit à Vézelay, soit ailleurs ».

Septembre

Le 2, reçu « copie de l’Ordonnance du Roi en date du 30 Juin dernier qui autorise la Coupe de 16 ha de la réserve des bois de la commune de Montillot à prendre dans la partie la plus dépérissante de cette réserve apellée Le Faÿ ».

Le 3, répondu à une demande de Mr COSTER, contrôleur des Contributions directes d’Avallon, sur les bois de MONTILLOT :

– sur les contenances selon les classes ; 16ha environ en 1ère classe, 196ha en 2ème, 437 en 3ème, 59 en 4ème; total 708ha 41a .

– il y a en outre 156ha 74 qui « appartiennent au gouvernement »

– sur le rapport annuel de ces bois ; la 1ère classe peut rapporter au bout de 20 ans par ha, 5 décastères de gros bois et 1 décastère de menuise; la 2ème, 3 1/3 dast et 2/3 dast; la 3ème, 2 et 1; la 4ème 0 et 1 1/2.

– les prix de vente ; la 1ère classe se vend à la feuille l’hectare 21 francs; la 2ème, 11F, la 3ème 8F, la 4ème 3F.

– les prix moyens de l’hectare pendant 10 ans; 1ère classe : 420F; 2ème : 220F; 3ème: 160F; 4ème: 60F.

– les coupes annuelles; la commune a environ 180 ha de bois réserves comprises; « nous coupons de 4 1/2 à 5 ha par an; nous avons 27 triages, 45ha suplément de 1/4 de réserve ».

– « Il n’y a pas eu de bois de gouvernement vendus sur la commune de Montillot ».

– Le 16, incendie de la maison de Claude BUREAU, manoeuvre : « une partie de l’intérieur brûlée, son grain perdu par l’eau qu’il a fallu jetter pour éteindre l’incendie, son fourage idem, et une grande partie du bâtiment en entier découvert ».

Octobre

Le 2, « nommé pour commissaires pour la visitte des vignes du finage de Montillot MM DEFERT, notaire, DEFERT Edme, maréchal, GAILLOT Claude, MAUPIN et COLAS Denis adjoint; tous propriétaires de vignes, ils feront demain dimanche leur rapport sur la situation des dittes vignes pour de suitte publier le ban des vendanges ».

Le 3, après avis des experts ci-dessus, le ban des vendanges est fixé au 7 Octobre.

Le 17, vente de 33 paires de pigeons pour 9F 70c.

Novembre

Le 3, envoi au Sous préfet de la somme de 11F, provenant de la vente des dons en nature (grains et autres marchandises…) effectués par les habitants de Montillot, à l’occasion de la « quête des incendiés » faite en janvier. Cette somme – ajoutée à 20 F en espèces – sera transmise à la « Caisse des Incendiés ».

Le 11, lettre à M.RABIER, notaire à Corbigny, par laquelle le Maire de Montillot veut lui « faire cognoître la fausseté de tous les rapports calomnieux … faits sur son compte ». Il se dit accusé par la rumeur publique d’avoir reçu un pot de vin de mille francs pour la vente de la maison Rabier. Les « dénonciateurs …vont dans les cabarets énivrer les paysans pour les faire déposer » contre lui, écrit-il. En conséquence, il a donné sa démission de maire…Il demande à Mr RABIER une explication de vive-voix, « non pas à Montillot, mais à Avallon, Clamecy ou autres endroits… »

Le 15, lettre du maire au Préfet confirmant sa démission

Décembre

Le 6, reçu une lettre du Sr DEFERT, notaire, annonçant sa nomination comme Maire de Montillot.

Le Maire démissionnaire lui fait parvenir tous les dossiers et registres en cours.

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